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OL-Bordeaux (1-0) : Alors Jean-Michel, crise ou pas crise ?

Encore une défaite le 13 décembre 2009 en Ligue 1 pour l'OL, face à Bordeaux (0-1), et tout risque de se déchaîner dans les jours qui viennent.
Six points pris sur les 8 derniers matchs de Ligue 1, une neuvième place au classement, des propos qui dérangent, un coach fragilisé, des joueurs désolidarisés, un staff qui n'hésiterait plus à s'exprimer sur Claude Puel, une presse qui s'interroge, un public qui gronde : tout (ou presque) va mal en ce moment à Lyon. Mais l'Homme fort de l'OL, le Président Aulas, reste confiant. Il affirme, avec une assurance digne de Christine Lagarde dans sa plus grande période de décroissance économique, que l'OL n'est pas touché par la crise. Alors comment appeler cette période noire que traversent les lyonnais ? Comment y remédier ? Quelle est la part de responsabilité de chacun dans la non-réussite du club ? Enquête :

Puel, un homme fragilisé.
Lorsqu'il débarque à Lyon à l'été 2008, Claude Puel est souriant. Il arrive entre Rhône et Saône avec des idées en tête, un projet à mener à bien et des fonctions importantes. Un contrat de 4 ans est signé, et il est nommé entraîneur général, par Jean-Michel Aulas, persuadé que seul un « système à l'anglaise » peut amener l'OL au top européen. Mais après une première saison décevante (saison sans aucun titre, troisième place de Ligue 1 et élimination en 1/8ème de finale de toutes les coupes nationales et européennes), Puel est confirmé dans ses fonctions. Il ajoute même une corde à son arc, en s'occupant intégralement du recrutement lyonnais. Lisandro Lopez, Bastos, Cissokho, Gomis, on les connait par coeur, les quatre recrues, achetées à prix d'or, et censées redorer le blason lyonnais. Mais un début de saison prometteur a été terni par des mois d'octobre, novembre et début décembre catastrophiques. Lyon, en perdant Toulalan pour quelques matchs, à perdu gros, très gros. Car le métronome de l'équipe, c'est lui. Le leader, le taulier.
Un seul arrière gauche dans un groupe connu pour ses carences défensives
Puel est aussi un innovateur, un créateur, avec le concept du « milieu de terrain reconverti défenseur » (Bodmer et Toulalan sont ses deux exemples les plus vendeurs). Mais la faute à quoi ? Au manque de défenseurs, bien sur ! Et ce manque de défenseurs, la faute à qui ? A Puel, naturellement ! Car il est en charge du recrutement. Cette saison, il est parti dans un système de pensée bien à lui : « la meilleure des défenses, c'est l'attaque ». Par ici les 24 millions d'euros pour Lisandro, par là les 18 millions d'euros pour Bastos, et 15 millions d'euros supplémentaires dans les caisses des Verts pour Gomis ! Et avec ça ? Un seul arrière gauche, dans un groupe qui, la saison dernière, a perdu son titre en grande partie à cause de ces carences défensives.
Des "groupes Facebook" réclament la démission de Claude Puel
Comme tout les grands créateurs-artistes-innovateurs, Puel est incompris. Il est en décalage avec son temps, avec les supporters (des groupes de supporters réclament sa démission sur facebook, des pétitions circulent, son nom a été sifflé pour la première fois à Gerland contre Debrecen mercredi dernier). Il est isolé, triste, seul face à ses idées. Ses méthodes dérangent, ses discours ne passent pas bien, mais le soutien de son Président est indéfectible (voir ci-dessous). Cependant un homme risque de semer le trouble dans cette relation parfaite de Président à entraîneur général : le conseiller, homme influent et expérimenté du triptyque à la lyonnaise.

Lacombe, un conseiller blessé.
Les maux lyonnais ont été résumés par les mots du conseiller du Président, dans le France Football de vendredi dernier. Bernard Lacombe, dont les sorties médiatiques sont rares, a exprimé sa décrépitude suite aux derniers résultats de l'OL. Il a qualifié les joueurs lyonnais de « suiveurs », considère à juste titre « [qu'] il n'y a pas de leader dans ce groupe » et tacle la mentalité des joueurs stars de l'OL, « qui feraient mieux de parler du jeu entre eux, plutôt que de leur dernière bagnole ». Il s'est lâché, Bernard, et ça fait du bien ! Surtout qu'il a visé juste.
En critiquant la qualité mentale des joueurs, Bernard Lacombe s'évite de critiquer la préparation mentale du coach. En critiquant les qualités défensives de l'équipe, il s'évite de critiquer le système de jeu de Claude Puel. En critiquant le manque de leader dans le groupe, il s'évite de critiquer le recrutement de « monsieur bricolage ».
Autrement dit, de cri du cœur en cri d'alarme, Bernard Lacombe critique l'équipe, mais surtout celui qui la dirige. L'art de la parole lui a offert la possibilité de ne jamais citer Claude Puel comme étant responsable des problèmes du club, ainsi toute polémique est évitée. Malin le Nanar !! Il faut dire qu'il est à bonne école, avec maître Jean-Michel Aulas, le phénomène médiatique de ces dix dernières années.

Aulas, un Président largué ?
A la détresse lyonnaise, le Président Aulas n'a rien trouvé à répondre. Ah, si ! « Le club n'est pas en crise » (langue de bois quand tu nous tiens...). En même temps, avec l'action de l'OL (on rappelle que le club est côté en Bourse), il serait de mauvais ton de parler de crise sportive, ça pourrait rejaillir sur les finances du club ! (sic). C'est d'ailleurs, pour certains supporters, la raison principale de son refus d'évoquer une crise. Mais qu'on le veuille ou non, elle est là, la crise. Elle est présente, elle se propage. Mais pour celle-ci, pas besoin d'un masque, de tamiflu ou de vaccin pour s'en débarrasser. Pas besoin non plus d'une Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé et des Sports, pour venir tester le vaccin à Gerland, ou prodiguer des conseils à Claude Puel en matière de jeu produit (quoi que...).
Trêve de plaisanterie, à l'OL seul un mental collectif pourra l'éliminer, cette crise grippale. Et Jean-Michel Aulas le sait bien, c'est ce qu'il affirmait d'ailleurs hier soir après la défaite contre Bordeaux, au micro de l'EquipeTV : « On a deux sujets à résoudre : le problème de la solidarité, dehors comme à l'intérieur, et puis le sujet des blessures pour donner un peu plus de cohérence et de force à notre équipe en ce moment ». Le président en a profité pour confirmer Claude Puel dans ses fonctions (« Claude Puel est un excellent entraîneur »), et calmer un peu l'agitation générale autour du club :
« C'est pour ça que je suis là, c'est pour montrer aux joueurs qu'il n'y a pas de panique, même si ça amuse certains de penser qu'il pourrait y avoir panique, il n'y aura pas de panique je peux vous l'assurer. Cela fait 22 ans que j'assume, et ce soir, y a la déception, et puis l'analyse objective qui permet de repartir ».

De repartir vers une nouvelle désillusion ? Personne ne l'espère, bien sûr, que ce soit coach, conseiller comme Président. C'est d'ailleurs la seule chose dont on soit sur qui unisse les trois hommes. L'un des seuls objectifs du triptyque qui soit commun : redresser la barre, donner un cap et s'y maintenir. Claude Puel doit donc à tout prix parvenir à éradiquer son surnom de « capitaine abandonné » : le navire coule, et il en faudrait peu pour que le « paquebot OL » sombre totalement.

Résumé bref du match (histoire que vous ayez quelque chose à dire de ce match en famille si vous ne l'avez pas suivi) :
Lyon a fait jeu égal avec Bordeaux, mais s'est montré trop fébrile (à l'image d'une perte de balle de Maxime Gonalons, par exemple, juste avant la mi-temps). Cette fébrilité s'est ressentie sur le terrain, où Lyon a peu à peu reculé en fin de match et a été piégé dans les dernières minutes, par Marouane Chamakh qui reprenait un centre du beau Yoann Gourcuff (86'). La messe était dite à Gerland et les lyonnais affichaient à la fin du match une mine triste, inquiète et une neuvième place au classement général.



Mikhaël Defoly



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